Tu caresses le rêve de te lancer à ton compte depuis un moment déjà?
Ça y est, tu te sens prête? C'est parfait! On y va...
Voici une checklist des choses à penser AVANT de lâcher ton job alimentaire et d’entrer dans le grand monde merveilleux de l’entrepreneuriat.
Car on va se dire les vraies affaires : devenir photographe, c’est devenir entrepreneur. Tu veux vivre de ton art? C’est magnifique. Mais ça implique aussi de gérer une entreprise. Comptabilité, marketing, stratégie publicitaire, service client, réception, retouche, graphisme… et bien sûr, photographie. Bon, ça peut sembler beaucoup quand on le lit comme ça. Mais rassure-toi, personne ne naît en sachant gérer une entreprise. On apprend. On ajuste. On grandit.
C’est quoi ça?
Non, ce n’est pas une bibitte qui dévore les fondations de ta maison la nuit, t’inquiète. Mais c’est ce qui t’empêchera de perdre le sommeil quand tu n’auras plus de filet de sécurité.
Le CODB signifie Cost of Doing Business, ou Coût d’opération de base. En clair, c’est l’exercice qui sert à établir tes prix. Pour que ton travail soit rentable et que tu puisses en vivre correctement, et non survivre de peine et de misère. En gros, c’est l’étape de départ que tu ne dois pas ignorer. Je le répète, ne l’ignore pas.
Le CODB consiste à déterminer les charges liées à ton activité de photographe. Tes impôts, tes assurances, ton matériel, tes logiciels, ton site web, ton temps, ton salaire souhaité, ton coussin financier. Établir ses prix, ce n’est pas aller voir le site web des photographes de ton coin et charger moins cher dans l’espoir qu’on vienne te voir plutôt que la concurrence. Tout travail mérite un salaire juste. C’est vrai pour toi aussi.
En as-tu un?
Je te recommande vivement de ne pas te lancer à temps plein à la fin de ton congé de maternité alors que tes prestations sont presque terminées et que tu n'as rien. J’en ai vu plusieurs sauter dans le vide, freestyle, et se ronger les ongles jusqu’à la phalange à peine six mois plus tard. Le stress financier est un facteur réel quand on se lance à son compte. Et sous pression, on prend de mauvaises décisions. On baisse ses prix. On accepte n’importe quel client. On dit oui à tout.
Ce n’est pas sain pour ta tête, ni pour ton entreprise. Parce que ces décisions peuvent laisser des traces longtemps.
Es-tu certaine de bien maîtriser ton équipement avant de te lancer?
Ce n’est pas parce que tes amis trouvent que tes photos sont belles que tu dois charger pour un service professionnel. Comprendre le triangle d’exposition, travailler en mode manuel, savoir reproduire un rendu de façon constante, c’est un minimum.
Quand les gens te paient, ils s’attendent à un résultat uniforme et constant. Ils vont te dire : « Je veux une photo comme celle-là », celle que tu as mise dans ton portfolio, et tu devras livrer.
Si tu ne sais pas exactement comment tu l’as obtenue, quels réglages utiliser, quelle lumière tu avais à ce moment-là, tu t’exposes à des critiques, à des avis négatifs, parfois à des demandes de remboursement. Ayant géré un groupe de photographes pendant quelques années, je l’ai vu. Et ce n’est pas cool.
Prends le temps de maîtriser ton outil. Quitte à attendre quelques mois supplémentaires. Si tu y mets l’effort et le temps, tu progresseras vite et ton rêve n’en sera que plus solide.
Si tu as coché ces trois points, tu as déjà une base sérieuse pour envisager de te lancer.
Bien sûr, il y aurait beaucoup plus à dire. J’aborderai d’autres aspects au fil du temps et j’approfondirai certains points avec plaisir. En attendant, si tu as des questions, n’hésite pas à me joindre via ma page Facebook ou Instagram. J’essaierai d’y répondre au meilleur de mes connaissances.
La photographie est un très beau domaine artistique et professionnel. Je te souhaite longue vie dans ta belle entreprise. Et surtout, bienvenue parmi nous!
Julie